Voici deux semaines, à l’unanimité, les interlocuteurs sociaux s’opposaient une fois de plus à tout mécanisme de sanction dans le cadre de la réintégration des malades de longue durée sur le marché de travail. Plusieurs avis ont été émis en ce sens, émanant tant du CNT que du comité de gestion de l’INAMI. Les interlocuteurs sociaux y insistent sur le fait que cette réintégration doit se faire sur base volontaire, avec un accompagnement des personnes malades qui souhaitent reprendre un travail. Ils demandent qu’une approche positive soit adoptée.

Voici quelques jours, pourtant, le ministre des Affaires sociales Frank Vandenbroucke affirmait sans ciller que « l’accord au sein du gouvernement est quasi prêt », alors que les sanctions financières y figurent toujours, en dépit des critiques formulées.

Vandenbroucke parle de « responsabilisation » des malades de longue durée. Des propos qui s’opposent drastiquement à l’avis des interlocuteurs sociaux. La notion de sanction financière est en effet incompatible avec le caractère globalement positif et volontaire – et donc non-répressif – de l’approche souhaitée par ces derniers. Il s’agit également d’un véritable coup de canif fait à la concertation sociale.

De quelles sanctions parle-t-on exactement ?

En clair, les malades de longue durée qui ne répondraient pas à l’invitation des « coordinateurs retour au travail » ou qui ne rempliraient pas le questionnaire obligatoire sur une éventuelle reprise du travail pourraient perdre 2,5 % de leur indemnité de maladie.

Un manque d’empathie

Une politique qui ne tient pas compte de la réalités des personnes concernées qui, faut-il le rappeler, sont malades. Avec toutes les conséquences qui en découlent : éventuelles difficultés à se déplacer, à remplir un courrier, à se rendre chez le médecin-conseil ou le coordinateur retour au travail… De telles sanctions, ou « responsabilisation » des malades, témoignent d’un véritable manque d’empathie à leur égard.

Il est nécessaire, conformément à l’accord de Gouvernement, d’exécuter l’avis du CNT. Celui-ci n’est pas encore intégralement mis en œuvre aujourd’hui, notamment en matière d’accompagnement des entreprises, de formation continue des conseillers en prévention ou encore  de règles de calcul des indemnités de maladie restantes en cas de reprise d’un travail partiel autorisé par les médecin conseil de la mutuelle. C’est seulement après la mise en œuvre de toutes ces mesures qu’une évaluation sera possible.